-  H I S T O R I Q U E  -

Centre d'Instruction des Forces Aériennes Stratégiques
 
( page 3 )

CITATION A L’ORDRE DE L’ARMEE  (Décision n° 85 – 22 novembre 1954).
 
« Groupe de bombardement au passé riche de traditions, qui vient d’affirmer en 12 mois de lutte, sous les commandement successifs du Commandant DELEUZE et du Commandant BARRAS, l’enthousiasme, la foi ardente et la valeur au combat de ses équipages.
« A participer avec succès aux difficiles opérations menées au Nord Laos, en pays Thai et au Tonkin, aux attaques du réseau de voies de communications adverses, et a fourni aux troupes au sol, l’appui le plus précieux au cours de raids surprises visant à la destruction des dépôts et des bases rebelles.
« Animé d’un bel esprit de corps, doit en grande partie sa valeur opérationnelle au travail acharné et à l’abnégation de son personnel au sol.
« Au cours des nombreuses missions de protection, straffing et bombardement effectuées durant cette période, a eu 14 avions touchés par la D.C.A. rebelle, dont 9 ont été gravement endommagés. A perdu au combat un équipage.
« Totalise, en Extrême-Orient, 7179 missions de guerre n° 2 en 14200 heures de vol. »



Ces citations comportent l’attribution de la Croix de guerre des Théâtres d’Opérations Extérieurs avec Palme.
Par décision n° 58 du 18 avril 1955, le Groupe de bombardement I/25 « TUNISIE » a droit à compter de la date de la présente décision, au port de la fourragère aux couleurs du Ruban de la Médaille militaire et comportant au-dessus du ferret, une olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre des Théâtres d’Opérations Extérieurs.

DU C.I.B AU C.I.F.A.S 328

Le 1ier janvier 1957, est créé sur la base aérienne 135 de COGNAC, le Centre d'instruction du Bombardement (CIB 328), dépendant du commandement de l'Aviation de bombardement, en lieu et place de la 33ème Escadre de reconnaissance.
Son premier chef est le Cdt PINEAU.
Sa vocation est la sélection et l'instruction des équipages des nouveaux groupes de B 26 en ALGERIE et des futurs Escadrons de "Vautour". Il est organisé en deux Escadrons, le premier doté de B 26 "Invader", le second de CM 170 "Magister", de "Vautour" IIA, monoplace d'assaut et "Vautour" IIB, biplace de bombardement.
Le 26 septembre 1957, a lieu la remise du drapeau de la 23ème Escadre de bombardement au C.I.B, par le secrétaire d'Etat aux forces armées "Air" Mr H.LAFOREST au Lcl VILLETORTE nouveau commandant du C.I.B, en présence du Gal NICOT commandant de l'Aviation de bombardement.
En janvier 1958, six B 26"Invader" partent en mission pour l'ALGERIE.

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Douglas B26 Invader
 


L'Escadron de bombardement I/92 est créé en mars 1958, il reprend les traditions du GB I/91 "BOURGOGNE". Il est équipé de "Vautour".
En septembre, le commandement de la base aérienne 135 est transformé en commandement de Brigade aérienne. Consacrant la renaissance de l'Aviation française de bombardement, la 92ème Brigade de bombardement est créée le 12 décembre 1958 sur la base aérienne de COGNAC.

La fin de l'année voit la création de l'Escadron de Bombardement II/92. Une lettre en date du 26 mai 1959 signée du Gal LECLERE, commandant l'Aviation de Bombardement autorise l'Escadron II/92 à reprendre la garde des traditions, insignes et fanions, du GB I/25 "TUNISIE", et à porter l'appellation "Escadron de bombardement II/92 AQUITAINE".
Le 16 juillet 1959, au cours d'une cérémonie présidée par le Gal JOUHAUD, Chef d'Etat-major de l'Armée de l'air, le drapeau de la 25ème E.B. est remis à la 92ème Brigade de bombardement. La jeune Brigade, creuset de notre force de bombardement moderne, devra s'en montrer digne.
Par la décision n°64 du 19 août 1959, est dévolu au II/92 "AQUITAINE" le droit au port des fourragères aux couleurs des rubans :
- de la Croix de guerre 39-45,
- de la Médaille militaire comportant au-dessus du ferret, une olive aux couleurs de la Croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures.

La 92ème Brigade de bombardement rassemble alors :

- Le Centre d'instruction du Bombardement 328 (CIB 328) 
- L'EB I/92 « BOURGOGNE », héritier du GB 1/32 « BOURGOGNE ».
- L'EB II/92 "AQUITAINE", descendant du célèbre GB I/25 « TUNISIE » ( Le nom de baptême « TUNISIE » a dû être abandonné, la TUNISIE ayant accédé l’indépendance en 1956).
Ces Escadrons sont équipés du SNCASO « Vautour », en version biplace de bombardement (Vautour Il B), mais disposent aussi de quelques exemplaires du monoplace de type « Vautour » II A . La mission qui leur est confiée est le bombardement à haute altitude dans le cadre européen.
Le 18 octobre 1959, le drapeau de la 23ème Escadre dont le C.I.B. assurait la garde, est affecté au G.B. II/91 et transporté à ORAN par voie aérienne.
Dès 1960, les Vautour participent aux essais nucléaires de REGGANE : Opération « GERBOISE ».

 


Insigne de l'EB 1/92 Bourgogne


Insigne de l'EB 2/92 "Aquitaine"



Dès le début de l'année 1961, le transfert des unités de bombardement est prévu pour l'été vers BORDEAUX.
Le 16 février 1961, arrivent les éléments de la base école de MARRAKECH équipés de T6.
Après quelques mois d'une cohabitation difficile, le mouvement des escadrons est avancé au mois de mars. Le Gal NICOT, Major général de l'Armée de l'air, honore de sa présence l'opération "Grand cirque" qui débute le 1ier mars, avec le départ du premier Vautour. On peut interpréter cette visite comme un remerciement à la base, berceau du bombardement renaissant.
Début avril, le commandement de la Brigade fait mouvement vers MERIGNAC.
Le 26 mai 1961, le C.I.B. est la dernière unité à rejoindre la Base aérienne 106, ainsi toute la formation est stationnée sur cette base.
Le 6 septembre 1961, une cérémonie est organisée à l'occasion de la prise de commandement des trois unités:
-Cdt URIGH (C.I.B.) - Cdt LECOQ (I/92) - Cdt TEYSSIER (II/92)
en présence du Gal MARIE commandant l'Aviation de bombardement et du Col GRIGAULT commandant la 92ème Brigade de bombardement et la B.A. 106.
Le 8 avril 1962, quatre Vautour du II/92 vont participer au SIAM, à des manœuvres effectuées dans le cadre de l'organisation du traité de l'ASIE du Sud-Est, un mois après ils sont de retour.
Le 8 juin 1962 est créé le Commandement Aérien Stratégique (C.A.S.)

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SO 4050 "Vautour" du CIB 328


La mission du CIB va dès lors se modifier avec l'arrêt des stages de transformation des pilotes sur B 26 « Invader ». Elle tend vers la formation des équipages MIRAGE IV avec la création d'une escadrille « radar », destinée à l'instruction des futurs navigateurs.
C'est également à partir de cette date que certains Vautour sont équipés de caméras de reconnaissance (transformation des Vautour II B). Parallèlement, l'entraînement au bombardement haute altitude fait place à l'assaut basse altitude, à l'appui feu et au renseignement.
En avril 1963, un équipage du Commandement Aérien Stratégique (C.A.S.) composé du Cdt BROUSSAUD (pilote) et du Cdt LURIN (navigateur) participe au premier stage sur B 58 « Convair », au sein de la 43ème Escadre de bombardement du Strategic Air Command, stationné sur la base aérienne de CARSWELL (TEXAS).
Le but de ce stage est d'étudier les problèmes posés par la transformation d'équipages sur bombardiers supersoniques possédant un système de navigation et de bombardement évolué. Un certain nombre de points importants sont retenus pour être appliqués aux futures Forces Aériennes Stratégiques. A noter que ce stage ne comporte pas d'instruction en vol.
D'autres équipages suivent la même formation en fin d'année :
Cne LECOZ , pilote et Cne SENEGAS, navigateur, Cne LECLERC, pilote et Cne DELPECH, navigateur Cdt MENENTEAU pilote et Cne RIEUX navigateur.
Le 14 janvier 1964 est créé le Commandement des Forces Aériennes Stratégiques, en remplacement du C.A.S.(décret n° 6446).
Le 1ier mai 1964, la 92ème Brigade est transformée en 92ème Escadre de bombardement et les escadrons I/92 "BOURGOGNE" et II/92 "AQUITAINE" lui sont rattachés.
Le CIB devient, le 25 mai 1964, Centre d'instruction des Forces Aériennes Stratégiques (CIFAS 328), et abandonne la formation des équipages de Vautour, pour se consacrer uniquement à la préparation des personnels des Escadrons de MIRAGE IV A (équipages et mécaniciens). Le parc aérien du CIFAS est transformé. Le 1ier Escadron conserve ses B 26 « Invader » (dont six sont équipés du radar APQ 13), le second est doté en octobre de MIRAGE IV A et de NORD N 2501 Noratlas SNB (Système de navigation et de Bombardement).
En avril 1965, suite à la dissolution de l'Escadre de Reconnaissance Photographique ERP 1/32 « ARMAGNAC », le 1ier Escadron du CIFAS hérite d'une escadrille photo. Cette dernière n'aura qu'une vie éphémère, puisqu'elle sera dissoute au début de l'année 1966.

L’INSIGNE du CIFAS


Définition héraldique :

Vautour à tête blanche, au vol abaissé de sable, empiétant deux bombes de gueules.

Symbolisme de l’insigne :

Le vautour, oiseau rapace, fond sur son objectif afin de le détruire, au moyen des bombes qu'il tient dans ses serres.

Cette unité avait été créée "C.I.B.n° 328" Insigne homologué sous le n° A.728 le 19 juillet 1957.


QUELQUES DATES pour fixer les idées :

- 28 novembre 1956, le Secrétaire d’Etat aux Armées commande officiellement les études du MIRAGE IV, biréacteur équipé de l’ATAR 9K. La fabrication du MIRAGE IV 01 s’étale sur dix huit mois. 
- 17 juin 1959, premier vol du MIRAGE IV 01 avec Roland GLAVANY aux commandes.
- 14 juillet 1959, pour son troisième vol, le 01 effectue un passage au-dessus du Salon du Bourget, en patrouille avec un Mirage III A.
- 20 avril 1961, le CIB est endeuillé par l’accident de 2 Vautour A pendant la course au décollage sur la piste de Cognac : Cdt CLAUSTRES et Ltt COVAREL.
- 26 mai 1961, le CIB va vivre plusieurs mois sous la tente à Bordeaux-Mérignac en attendant la construction du bâtiment devant les recevoir. 
- Juin 1966 : le MIRAGE IV n° 36 du I/91 rallie la Polynésie Française. Parcourant par la voie des airs quelques 20 000km en quatre étapes. C’est l’opération TAMOURE.
- 17 juillet 1966 : le MIRAGE IV n° 9, avec l’équipage DUBROCA-CAUBEL, largue une AN 21 en supersonique.
- Avril 1967 : retrait des B26 « INVADER » du CIFAS et d’ailleurs de l’Armée de l’Air. Le Lockheed T 33 remplace les B 26 pour l’accoutumance au vol en basse altitude.
- En 1967, le CIFAS remplace la coupe Fantasia pour la 1ière fois. 
- En 1968, la 92ème Escadre de bombardement participe aux essais nucléaires dans le Pacifique, en fournissant une partie des avions et équipages de l’escadrille d’outre-mer EOM 86 « LOIRE ». Basée sur l’atoll de HAO, celle-ci effectue jusqu’en 1973, les prélèvements à l’intérieur du nuage radioactif.


Malgré les événements qui secouent la TCHECOSLOVAQUIE et la FRANCE en mai 1968, le CIFAS continuent sa mission :
- Formation des équipages, pilotes et navigateurs destinés aux différentes unités,
- Alerte MIRAGE IV au profit des FAS,
- Instruction des navigateurs radaristes sortant d'école, sur Nord, N 2501 SNB,
- Initiation au réacteur des navigateurs sortant du stage SNB,
- Transformation des mécaniciens sur MIRAGE IV.

En 1969, la 92ème Escadre met en oeuvre le premier brouilleur offensif opérationnel dans l'Armée de l'air, le « Chipiron ». Mais elle s'illustre aussi en effectuant de nombreuses missions de servitude (remorquage de cibles, plastrons divers..).
A compter du 1ier avril 1969, l'escadrille T 33 est transférée à la 92ème EB. L'initiation réacteur se poursuit donc au sein de cette Escadre. Le calendrier des stages et le suivi des stagiaires restent à la charge du CIFAS.
Un méchoui de consolation est organisé pour noyer dans le rosé, les larmes du personnel de l'escadrille T 33.
Déjà dans le rapport sur le moral, on peut noter que le personnel de carrière souhaite une prolongation de la limite d'âge jusqu'à 55 ans (encore quelques années à attendre..... ).


LA MISSION de RECONNAISSANCE

En 1970, une nouvelle mission est confiée au CIFAS. L'Armée de l'air avait exprimé un besoin en 1964 en matière de reconnaissance stratégique. Un conteneur technique photographique « CT 52 » est réalisé conjointement par AMD, OMERA et HUREL DUBOIS.

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Depuis le 22 octobre 1969 et jusqu'au 29 avril 1970, l'expérimentation de la version reconnaissance-photo du MIRAGE IV se déroule à MONT DE MARSAN.
Elle est axée sur l'étude du fonctionnement du matériel avant l'approbation des clauses techniques. Des difficultés rencontrées au cours de cette première phase nécessitent le retour du matériel aux constructeurs pour l'identification du circuit de conditionnement du prototype et l'application d'un certain nombre de modifications. .
La deuxième phase se déroule au CIFAS du 1ier octobre 1970 au 30 septembre 1971. Elle comporte une étude à la fois opérationnelle et technique. Au cours de celle-ci 61 missions photographiques représentant 122 h 30 de vol sont exécutées:
-10 en haute altitude subsonique.
-28 en haute altitude supersonique.
-23 en basse altitude.


Au 1ier janvier 1971, le personnel navigant « cadre » du 1ier Escadron totalise plus de 100.000 heures de vol se décomposant comme suit :
- 63.531 h pour les 11 pilotes,
- 23.907 h pour les 6 navigateurs,
- 14.404 h pour les 9 mécaniciens d'équipage.
Cela représente 11 ans et 7 mois de vol continu ou 30 millions de kilomètres soit 750 fois le tour de la terre.
Leur mérite a été reconnu, puisque l'on peut dénombrer :
- Chevalier de la Légion d'honneur : 5 nommés,
- Médaille Militaire : 12 décorés,
- Chevalier de l'Ordre national du Mérite : 4 nommés.

Le 19 novembre l971, l'équipage Cne HERVOUET- Cne BUGUIN est désigné pour accomplir la mission B 0516 sur le MIRAGE IV A n° 60. Au retour de celle-ci, l'avion se présente au break en piste 05, branche vent arrière à 220 Kt. La sortie du train d'atterrissage est accompagnée d'un bruit violent. Au « sapin », le pilote remarque que la lampe témoin du train principal droit est éteinte. Un Mirage III B en vol, vient observer : « tout paraît normal ». Une tentative d'atterrissage est effectuée sans réussite : l'avion s'enfonce à droite, le train ne se verrouille pas. Le pilote remet les gaz et décide alors l'éjection à hauteur du Camp de SOUGE. L'équipage est récupéré sain et sauf. C'est le premier appareil perdu par le CIFAS.